Guide méthode

Évaluation des risques professionnels : méthode, cotation, unités de travail

L'évaluation des risques professionnels produit le contenu du DUERP. Ce guide détaille la méthode : découper en unités de travail, identifier les dangers, coter avec une grille gravité × probabilité, intégrer les RPS et faire vivre l'évaluation.

Mis à jour le · 6 min de lecture

En bref

L'évaluation des risques professionnels consiste à identifier les dangers auxquels les salariés sont exposés, unité de travail par unité de travail, puis à coter chaque risque pour hiérarchiser les actions de prévention. La cotation la plus répandue croise la gravité et la probabilité sur une grille de 1 à 4. Les résultats sont transcrits dans le DUERP.

À retenir

  • Un danger est ce qui peut causer un dommage ; le risque naît de l'exposition d'une personne à ce danger.
  • Les unités de travail regroupent des situations d'exposition homogènes : poste, métier, zone ou activité.
  • La grille gravité × probabilité donne une criticité qui sert à prioriser, pas à mesurer le risque avec précision.
  • Les risques psychosociaux font partie de l'évaluation au même titre que les risques physiques ou chimiques.

Danger, risque, exposition : les notions de base

L'analyse des risques professionnels distingue le danger, propriété d'un équipement, d'un produit ou d'une situation capable de causer un dommage, et le risque, qui résulte de l'exposition d'un salarié à ce danger. Une machine à lame tranchante est un danger ; le risque de coupure apparaît quand un opérateur intervient sur la zone de coupe.

Cette distinction oriente la prévention. Supprimer le danger, réduire l'exposition ou protéger la personne exposée sont trois niveaux d'action différents, que les principes généraux de prévention du Code du travail classent dans cet ordre. La norme ISO 45001 formule la même logique dans sa clause 6.1.2 sur l'identification des dangers et l'évaluation des risques.

Définir les unités de travail du DUERP

L'unité de travail regroupe des salariés exposés à des dangers comparables. Le Code du travail impose d'inventorier les risques dans chaque unité de travail, sans fixer de découpage type : c'est à l'entreprise de choisir le plus parlant pour son organisation.

Un découpage trop large masque des expositions particulières ; un découpage trop fin rend la mise à jour lourde. Pour une PME, une dizaine d'unités suffit souvent, à ajuster selon l'activité. Les tâches occasionnelles comme la maintenance, le nettoyage ou les interventions d'entreprises extérieures méritent leur propre ligne, car elles concentrent souvent des risques mal identifiés.

  • Par poste ou métier : accueil, cariste, soudeur, technicien de maintenance
  • Par zone : atelier, entrepôt, quai de chargement, bureaux
  • Par activité : livraison, intervention chez le client, nettoyage
  • Par situation : travail isolé, travail de nuit, déplacements routiers

La méthode d'évaluation en cinq étapes

La méthode d'évaluation des risques professionnels suit une séquence stable, décrite notamment dans les publications de l'INRS. L'étape d'identification gagne à se faire sur le terrain, en observant le travail réel et en interrogeant les salariés, plutôt qu'à partir d'une liste théorique de risques par métier.

Les sources d'information à croiser sont connues : fiches de données de sécurité des produits, notices des équipements, registre des accidents et presque-accidents, observations du service de prévention et de santé au travail, remarques du CSE. Plus ces sources sont croisées, moins l'inventaire dépend de la mémoire d'une seule personne.

  • Préparer : constituer le groupe de travail et définir les unités de travail
  • Identifier les dangers et les situations d'exposition dans chaque unité
  • Coter chaque risque avec une grille partagée
  • Prioriser et décider des mesures de prévention, avec responsable et échéance
  • Transcrire dans le DUERP, puis suivre et réévaluer

Cotation des risques : une grille gravité × probabilité

La cotation des risques professionnels la plus courante croise deux échelles de 1 à 4 : la gravité du dommage possible et la probabilité qu'il survienne, qui intègre la fréquence et la durée d'exposition. Leur produit donne une criticité de 1 à 16. La grille ci-dessous est un exemple : aucune grille n'est imposée par la réglementation, l'important est de l'appliquer de façon homogène.

Les seuils de priorité se fixent avant la cotation. Une convention répandue classe la criticité de 1 à 3 en priorité faible, de 4 à 8 en priorité moyenne et de 9 à 16 en priorité haute. Un risque de gravité 4 mérite une action même si sa probabilité est faible.

NiveauGravité (dommage possible)Probabilité (exposition)
1Faible : soins sur place, sans arrêtRare : exposition exceptionnelle
2Moyenne : accident ou atteinte avec arrêtOccasionnelle : quelques fois par an
3Grave : séquelles ou incapacité durableFréquente : chaque mois ou chaque semaine
4Très grave : incapacité permanente ou décèsTrès fréquente : quotidienne ou permanente

Exemple d'évaluation des risques professionnels

L'exemple ci-dessous applique la grille à trois unités de travail d'une PME de négoce. Les cotations sont illustratives : elles dépendent des équipements, de l'organisation et des mesures déjà en place dans votre entreprise. La dernière colonne indique l'action de prévention retenue.

Unité de travailDangerRisqueGPCriticitéAction de prévention
EntrepôtChariots élévateursCollision avec un piéton428Séparer les allées piétons et engins
EntrepôtManutention de colisTroubles musculosquelettiques248Aides à la manutention, formation gestes et postures
Commerciaux itinérantsConduite routièreAccident de la route4312Planification des tournées, règles d'usage du téléphone
BureauxTravail sur écranFatigue visuelle, douleurs144Réglage des postes et de l'éclairage

Intégrer les risques psychosociaux (RPS) au DUERP

Les risques psychosociaux font partie des risques professionnels à évaluer et à transcrire dans le document unique. Leur évaluation repose moins sur une cotation individuelle que sur l'analyse des facteurs organisationnels, menée par unité de travail à partir d'entretiens, de questionnaires ou de groupes d'échange.

Les facteurs de RPS sont souvent regroupés en six familles, reprises par l'INRS. Les mesures de prévention portent alors sur l'organisation du travail plus que sur des équipements de protection : répartition de la charge, marges de manœuvre, soutien de l'encadrement, règles de traitement des conflits.

  • Intensité et temps de travail
  • Exigences émotionnelles
  • Manque d'autonomie et de marges de manœuvre
  • Rapports sociaux et relations de travail dégradés
  • Conflits de valeurs
  • Insécurité de la situation de travail

Faire vivre l'évaluation : retour d'expérience et cartographie des risques

Une évaluation des risques professionnels n'est utile que si elle évolue avec l'entreprise. Les accidents, presque-accidents et situations dangereuses signalés révèlent des risques sous-évalués : chaque événement analysé devrait conduire à relire la cotation de l'unité concernée. La cartographie des risques qui en résulte montre où concentrer la prévention.

Dans projetqse, le module Sécurité regroupe le DUERP, les RPS et le pilotage des accidents, et les actions de prévention rejoignent le plan d'action commun à tous les modules. Le lien entre un accident enregistré et la mise à jour de l'évaluation reste ainsi visible pour le responsable QSE.

Questions fréquentes

Les réponses, avant de vous lancer.

Existe-t-il une grille de cotation obligatoire ?

Non. Le Code du travail impose d'évaluer et de transcrire les risques, pas une méthode de cotation. La grille gravité × probabilité de 1 à 4 est très répandue ; l'important est de documenter les critères et de les appliquer de la même façon à chaque mise à jour.

Faut-il une évaluation par métier ou par poste ?

Le découpage en unités de travail est libre. Il peut suivre les postes, les métiers, les zones ou les activités, tant que chaque unité regroupe des expositions comparables. Les activités occasionnelles, comme la maintenance, gagnent à former une unité distincte.

Comment évaluer les RPS dans le document unique ?

Les RPS s'évaluent par unité de travail à partir des facteurs organisationnels : charge, autonomie, relations, exigences émotionnelles. Entretiens, questionnaires et groupes d'échange alimentent cette analyse. Les mesures retenues figurent dans le DUERP comme les autres actions de prévention.

Un logiciel peut-il faire l'évaluation à notre place ?

Non. Un logiciel structure l'inventaire, la cotation et le suivi des mesures, mais l'identification des dangers suppose d'observer le travail réel et d'impliquer les salariés. Dans projetqse, le module Sécurité outille cette démarche sans la remplacer.

Démonstration personnalisée

Coter et suivre vos risques dans projetqse

Voyez en démonstration comment unités de travail, cotation et actions de prévention s'enchaînent dans le module Sécurité.

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